L’argent de nos retraites à l’épreuve de la transparence Pourquoi l’accès aux investissements de la Caisse de pension vaudoise se joue désormais devant le Tribunal fédéral

Les caisses de pension publiques vaudoises, la CPEV et la CIP, gèrent à elles deux plus de 20 milliards de francs. Cet argent est investi dans des entreprises, des États ou encore dans l'immobilier. 

Mais où va-t-il exactement? Leurs portefeuilles comprennent-ils, par exemple, des obligations d'État israéliennes, des actions de SpaceX ou du géant pétrolier Saudi Aramco? Leurs investissements immobiliers contribuent-ils aux tensions sur le marché du logement? 

À l'heure actuelle, ces informations ne sont pas publiques. 

L'an dernier, trois parties ont demandé à pouvoir consulter tout ou partie de ces investissements. Patrick Gross, militant du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), souhaitait notamment savoir si la CPEV investissait dans des obligations d'État israéliennes. Marlène Barbosa, cofondatrice de l'Association suisse des avocats pour la Palestine et assurée auprès de la CIP, a demandé l'accès aux investissements en actions et obligations de cette dernière. 
Le collectif de recherche WAV a demandé à consulter l'ensemble des investissements des deux caisses dans le cadre de son enquête sur les caisses de pension publiques suisses. Ces trois demandes ont été rejetées par Retraites populaires, l'institution de droit public qui gère les actifs de la CPEV et de la CIP. 
Plusieurs partis politiques vaudois demandent également davantage de transparence sur ces investissements. 

En jeu: les risques financiers liés notamment au changement climatique, les questions de droits humains, mais aussi, plus fondamentalement, le droit de regard sur la manière dont des institutions publiques investissent l'argent des retraites. 

«Le principe de transparence constitue l'un des piliers du fonctionnement démocratique de notre État», rappelle le Conseil d'État vaudois dans sa documentation consacrée à l'information et à la transparence de l'administration. 

La question est désormais devant la justice. Après le rejet de sa demande, Patrick Gross a saisi le Tribunal cantonal vaudois et obtenu gain de cause. Dans un arrêt rendu en février 2026, celui-ci a estimé que la loi vaudoise sur l'information s'appliquait à la CPEV, y compris à ses investissements. 

La CPEV et Retraites populaires ont porté cette décision devant le Tribunal fédéral. Elles contestent l'application de la loi cantonale sur l'information à la CPEV et font notamment valoir que la gestion des avoirs de prévoyance ne constitue pas une tâche publique. 

Jusqu'où doit aller la transparence sur les investissements de nos caisses de pension? Et que sommes-nous en droit de savoir sur la manière dont l'argent de nos retraites est investi? 

Invitée à prendre part aux débats, la CPEV nous a communiqué un texte exposant sa position actuelle sur la transparence des placements et sur les investissements responsables. Elle nous demande de lire ce texte en ouverture de la table ronde, ce que nous ferons.

La discussion sera animée par Yvan Pandelé, rédacteur en chef adjoint de Heidi.news, et Olivier Christe, journaliste au collectif de recherche WAV. 

Intervenants